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Combien d'élus, titulaires et suppléants, doit compter le CSE selon l'effectif ?

Combien d'élus, titulaires et suppléants, doit compter le CSE selon l'effectif ?

Publié le 9 septembre 2026
Sommaire

Onze salariés élisent un titulaire, cinq mille en élisent vingt-neuf : le nombre de titulaires et de suppléants du CSE, ainsi que les heures de délégation, dépendent d'un barème légal précis fixé par l'article R. 2314-1 du Code du travail. Ce barème peut être ajusté par le protocole d'accord préélectoral, dans des limites fixées par la loi. Voici le tableau complet et ce qu'il faut vérifier avant de signer.

👋 Moi c'est Walid BENKHALED, ex-avocat en droit du travail, juriste et formateur CSE. Avec CSE ACADÉMIE, nous formons et accompagnons les élus CSE partout en France.

Un élu vient d'être désigné secrétaire d'un CSE qui se met en place pour la première fois. Il cherche à savoir combien de titulaires et de suppléants l'entreprise doit élire, et combien d'heures de délégation chacun aura pour exercer son mandat. Dans une autre entreprise, la direction annonce en réunion préparatoire qu'elle souhaite « réduire un peu » le nombre de sièges pour simplifier l'organisation des élections.

Ces deux questions ont une réponse écrite dans la loi. Le nombre de titulaires et de suppléants, ainsi que le volume d'heures de délégation associé, sont fixés par un barème légal, l'article R. 2314-1 du Code du travail, qui varie selon l'effectif de l'entreprise. Ce barème peut être ajusté par le protocole d'accord préélectoral, mais dans des limites strictement encadrées par l'article L. 2314-7.

📌 Point clé : le nombre de titulaires (et de suppléants, toujours en nombre égal) ainsi que les heures de délégation mensuelles dépendent de l'effectif de l'entreprise, selon le tableau de l'article R. 2314-1 : de 1 titulaire pour 11 à 24 salariés, à 35 titulaires au-delà de 10 000 salariés. Le protocole d'accord préélectoral peut modifier ce nombre de sièges ou ces heures, à la hausse comme à la baisse, à condition que le volume global d'heures reste au moins égal au minimum légal dans chaque collège électoral.

⚖️ Le cadre légal : un nombre d'élus fixé par décret, selon l'effectif

L'article L. 2314-1 du Code du travail pose le principe : le comité social et économique comprend l'employeur et une délégation du personnel, dont le nombre de membres est déterminé par décret « compte tenu du nombre de salariés ». Cette délégation comprend un nombre égal de titulaires et de suppléants. Les suppléants assistent aux réunions en l'absence des titulaires, mais ils sont bien élus, dès le premier tour, en même temps que les titulaires.

Le décret d'application est l'article R. 2314-1. Il fixe, pour chaque tranche d'effectif, le nombre de titulaires à élire et le nombre d'heures de délégation mensuelles dont dispose chacun d'eux. L'effectif s'apprécie dans le cadre de l'entreprise, ou dans le cadre de chaque établissement distinct lorsque plusieurs CSE d'établissement coexistent avec un CSE central.

📊 Le tableau légal : titulaires, suppléants et heures de délégation

Voici le barème fixé par l'article R. 2314-1. Le nombre de suppléants est toujours identique au nombre de titulaires indiqué. Les heures de délégation mensuelles s'entendent par titulaire.

Effectif de l'entrepriseTitulaires (= suppléants)Heures de délégation/mois
11 à 24 salariés110 h
25 à 49 salariés210 h
50 à 74 salariés418 h
75 à 99 salariés519 h
100 à 124 salariés621 h
125 à 149 salariés721 h
150 à 174 salariés821 h
175 à 199 salariés921 h
200 à 249 salariés1022 h
250 à 399 salariés1122 h
400 à 499 salariés1222 h
500 à 599 salariés1324 h
600 à 799 salariés1424 h
800 à 899 salariés1524 h
900 à 999 salariés1624 h
1 000 à 1 249 salariés1724 h
1 250 à 1 499 salariés1824 h
1 500 à 1 999 salariés20 à 2126 h
2 000 à 2 999 salariés22 à 2426 h
3 000 à 4 999 salariés25 à 2826 à 28 h
5 000 à 9 999 salariés29 à 3429 à 34 h
10 000 salariés et plus3534 h

Ce barème est supplétif : il s'applique dès lors qu'aucun accord ne l'a modifié. Il constitue un plancher pour les heures de délégation, mais un point de référence, à la hausse ou à la baisse dans certaines limites, pour le nombre de sièges.

🚦 Titulaires et suppléants : ce qu'il faut distinguer

Le nombre de suppléants suit toujours celui des titulaires, mais leur situation n'est pas identique sur un point précis : les heures de délégation du tableau R. 2314-1 sont attribuées aux titulaires. Un suppléant n'a pas, par principe, de crédit d'heures propre. Il en dispose seulement lorsqu'il remplace effectivement un titulaire absent, ou lorsque les titulaires lui en cèdent une partie.

Cette cession est possible grâce à la mutualisation prévue par l'article L. 2315-9 du Code du travail : chaque mois, les titulaires peuvent répartir tout ou partie de leur crédit d'heures entre eux, et avec les suppléants, dans les conditions fixées par décret (notamment une information préalable de l'employeur et un plafond de 1,5 fois le crédit d'un titulaire sur un même mois). Cette règle explique pourquoi un CSE peut, en pratique, faire vivre l'ensemble de sa délégation sans que chaque suppléant dispose individuellement d'heures fixes.

📜 Le protocole d'accord préélectoral peut ajuster le barème, dans des limites précises

L'article L. 2314-7 du Code du travail autorise le protocole d'accord préélectoral (PAP) à modifier deux paramètres : le nombre de sièges à pourvoir, et le volume des heures individuelles de délégation. Le texte pose une seule condition, mais elle est déterminante : « le volume global de ces heures, au sein de chaque collège, [doit être] au moins égal à celui résultant des dispositions légales au regard de l'effectif de l'entreprise ».

Concrètement, cela signifie que le PAP peut réduire le nombre de sièges à condition d'augmenter en contrepartie les heures individuelles de délégation, de sorte que le total des heures disponibles pour le collège concerné ne descende jamais sous le plancher légal. À l'inverse, rien n'empêche un accord d'être plus favorable aux élus que le barème R. 2314-1, en sièges comme en heures. Ce qui est impossible, en revanche, c'est de négocier un volume global d'heures de délégation inférieur à celui que la loi garantit pour l'effectif concerné.

🏢 Effectif en cours de mandat : la composition du CSE n'est pas recalculée automatiquement

Le nombre de titulaires, de suppléants et d'heures de délégation applicable à un CSE est déterminé au moment de la négociation du protocole d'accord préélectoral, sur la base de l'effectif alors constaté. Ni l'article R. 2314-1 ni l'article L. 2314-7 ne prévoient de mécanisme de révision automatique de cette composition en cours de mandat si l'effectif évolue ensuite, à la hausse comme à la baisse.

Une entreprise qui passe de 90 à 150 salariés en cours de mandat ne voit donc pas son CSE gagner des sièges ou des heures de délégation supplémentaires du jour au lendemain : c'est au moment du renouvellement suivant, lorsqu'un nouveau protocole d'accord préélectoral sera négocié sur la base de l'effectif alors à jour, que le barème correspondant à la nouvelle tranche s'appliquera. Ce même effectif, calculé selon les règles détaillées dans notre article sur le calcul de l'effectif de l'entreprise pour la mise en place du CSE, sert donc deux fois : une première fois pour déclencher l'obligation d'avoir un CSE, une seconde fois pour déterminer sa taille. La seule exception concerne les vacances de sièges pendant le mandat (démission, rupture du contrat, révocation), qui peuvent déclencher des élections partielles dans les conditions propres à ce mécanisme, distinct d'une simple évolution de l'effectif.

👥 Ce que doivent retenir les élus du CSE

  • Le nombre de titulaires (et de suppléants, toujours identique) et les heures de délégation mensuelles dépendent de l'effectif de l'entreprise au moment des élections, selon le barème de l'article R. 2314-1.
  • Les suppléants n'ont pas de crédit d'heures propre par principe : ils en bénéficient en remplaçant un titulaire absent, ou par mutualisation organisée entre élus (article L. 2315-9).
  • Le protocole d'accord préélectoral peut ajuster sièges et heures, mais jamais en dessous du volume global d'heures garanti par la loi pour l'effectif concerné (article L. 2314-7).
  • Une évolution de l'effectif en cours de mandat ne modifie pas automatiquement la composition du CSE : le nouveau barème ne s'appliquera qu'au renouvellement suivant.
  • Vérifier le barème applicable est une étape à ne jamais sauter avant de négocier ou de signer un protocole d'accord préélectoral, notamment quand la direction propose de réduire le nombre de sièges.

💡 Le réflexe utile en réunion : avant de signer un protocole d'accord préélectoral, demandez que soient inscrits au procès-verbal de la réunion préparatoire l'effectif exact retenu par la direction, la tranche R. 2314-1 correspondante, et le calcul détaillé montrant que le volume global d'heures de délégation proposé par collège reste au moins égal à ce que ce barème impose. C'est ce document qui permettra de contester l'accord si le compte n'y est pas.

📌 Ce qu'il faut retenir

  • Le nombre de titulaires et de suppléants du CSE, ainsi que les heures de délégation, sont fixés par un barème légal (article R. 2314-1) qui varie selon l'effectif de l'entreprise.
  • Les suppléants sont toujours élus en nombre égal aux titulaires, mais ne disposent d'heures de délégation propres qu'en cas de remplacement ou de mutualisation.
  • Le protocole d'accord préélectoral peut modifier sièges et heures, à condition de respecter le volume global légal par collège (article L. 2314-7).
  • Une évolution de l'effectif pendant le mandat ne change rien à la composition du CSE en cours : le nouveau barème ne s'applique qu'au renouvellement suivant.
  • Le calcul de l'effectif retenu pour appliquer ce barème obéit aux mêmes règles que celles utilisées pour déclencher la mise en place du CSE.

📚 Sources

  • Article L. 2314-1 du Code du travail — composition du CSE, nombre de titulaires et de suppléants fixé par décret
  • Article R. 2314-1 du Code du travail — barème du nombre de titulaires et des heures de délégation selon l'effectif
  • Article L. 2314-7 du Code du travail — modification du nombre de sièges et des heures de délégation par le protocole d'accord préélectoral
  • Article L. 2315-9 du Code du travail — répartition et mutualisation du crédit d'heures entre titulaires et avec les suppléants
  • Article R. 2315-6 du Code du travail — plafond et information de l'employeur en cas de mutualisation des heures de délégation

Un doute sur le barème applicable à votre effectif, ou sur un protocole d'accord préélectoral qui vous semble revoir les heures de délégation à la baisse ? Les élus peuvent se faire accompagner grâce à notre accompagnement juridique, ou se former avec nos formations CSE.

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