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Indemnité de licenciement : comment calculer son montant selon votre ancienneté ?

Indemnité de licenciement : comment calculer son montant selon votre ancienneté ?

Publié le 4 septembre 2026
Sommaire

Ancienneté minimale, salaire de référence, taux applicable selon les années de présence : découvrez comment se calcule le montant exact de l'indemnité légale de licenciement, avec un exemple chiffré et les périodes qui comptent ou non dans l'ancienneté retenue.

👋 Moi c'est Walid BENKHALED, ex-avocat en droit du travail, juriste et formateur CSE. Avec CSE ACADÉMIE, nous formons et accompagnons les élus CSE partout en France.

Vous venez de recevoir votre lettre de licenciement, ou vous sentez qu'un entretien préalable arrive. Une question prend vite le pas sur les autres : combien allez-vous toucher au moment de partir ? Le montant ne se négocie pas au hasard, il obéit à un calcul précis fixé par la loi, qui dépend de deux éléments seulement : votre ancienneté et votre salaire de référence.

Le salarié en contrat à durée indéterminée, licencié pour un motif autre qu'une faute grave ou une faute lourde, et qui compte au moins huit mois d'ancienneté ininterrompue chez le même employeur, a droit à l'indemnité légale de licenciement (article L. 1234-9 du Code du travail). Son montant minimal est fixé par décret et il ne peut pas être réduit par l'employeur, même si un accord ou un usage prévoit autre chose de moins favorable.

📌 Point clé : l'indemnité légale se calcule à raison d'un quart de mois de salaire par année d'ancienneté pour les dix premières années, puis d'un tiers de mois par année au-delà de dix ans. Le salaire de référence retenu est le plus favorable entre la moyenne des douze derniers mois et le tiers des trois derniers mois.

⚖️ Le cadre juridique de l'indemnité légale

Le droit à l'indemnité repose sur l'article L. 1234-9 du Code du travail. Deux conditions cumulatives ouvrent ce droit : une ancienneté d'au moins huit mois ininterrompus au service du même employeur, et un licenciement qui n'est pas motivé par une faute grave. La jurisprudence applique la même exclusion à la faute lourde, qui suppose une intention de nuire à l'employeur et prive donc le salarié de l'indemnité au même titre que la faute grave.

L'article L. 1234-11 précise un point souvent mal compris : une période de suspension du contrat de travail, quelle qu'en soit la cause légale, conventionnelle ou contractuelle, ne rompt pas l'ancienneté du salarié pour l'appréciation du droit à l'indemnité. En revanche, cette même période de suspension n'entre pas nécessairement dans le calcul de la durée d'ancienneté exigée, sauf disposition plus favorable. Cette nuance a des conséquences concrètes sur le montant final, détaillées plus bas.

Le mode de calcul lui-même relève de la partie réglementaire du Code du travail, aux articles R. 1234-1 à R. 1234-5. Ces textes fixent le taux applicable par année d'ancienneté, le mode de calcul des années incomplètes et les deux formules possibles pour déterminer le salaire de référence.

💰 Comment se calcule le montant, étape par étape

La première étape consiste à déterminer le salaire de référence. L'article R. 1234-4 impose de retenir la formule la plus avantageuse pour le salarié entre deux méthodes : la moyenne mensuelle des salaires bruts perçus au cours des douze derniers mois précédant le licenciement, ou le tiers des salaires bruts perçus au cours des trois derniers mois, les primes ou gratifications annuelles ou exceptionnelles versées pendant cette période étant alors proratisées. Si l'ancienneté est inférieure à douze mois, on retient la moyenne mensuelle de tous les mois travaillés.

La deuxième étape applique le taux prévu par l'article R. 1234-2 : un quart de mois de salaire de référence par année d'ancienneté jusqu'à dix ans, puis un tiers de mois de salaire par année au-delà de dix ans. Pour les années incomplètes, l'article R. 1234-1 impose un calcul proportionnel au nombre de mois complets travaillés.

Prenons un exemple chiffré, avec un salaire de référence établi à 2 400 euros bruts et une ancienneté de douze ans. Les dix premières années donnent droit à 10 × (2 400 / 4) = 6 000 euros. Les deux années suivantes se calculent au tiers : 2 × (2 400 / 3) = 1 600 euros. Le total de l'indemnité légale s'élève donc à 7 600 euros bruts. Une convention collective ou un accord d'entreprise peut prévoir un montant supérieur : dans ce cas, c'est la disposition la plus favorable au salarié qui s'applique, jamais un cumul des deux barèmes.

🚦 Les situations qui changent le calcul

Toutes les absences ne se valent pas dans le calcul de l'ancienneté retenue pour l'indemnité. La Cour de cassation a rappelé que les arrêts maladie d'origine non professionnelle n'entrent pas en compte dans la durée d'ancienneté servant de base au calcul, sauf si une convention collective en dispose autrement (Cass. soc., 28 septembre 2022, n° 20-18.218). À l'inverse, les congés de maternité, de paternité et d'adoption, ainsi que les arrêts consécutifs à un accident du travail ou une maladie professionnelle, sont traités comme du temps de présence continue chez l'employeur.

SituationEffet sur le calcul de l'indemnité
Congé maternité, paternité ou d'adoptionCompte comme de l'ancienneté continue
Accident du travail ou maladie professionnelleCompte comme de l'ancienneté continue
Arrêt maladie non professionnelleN'entre pas en compte, sauf disposition conventionnelle contraire
Congé sans solde ou congé sabbatiqueSuspend en principe le décompte, sauf accord contraire
Faute grave ou faute lourdePrive le salarié de l'indemnité légale

Un autre point mérite l'attention : lorsqu'une rupture conventionnelle est signée plutôt qu'un licenciement, l'indemnité spécifique de rupture ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement calculée selon les mêmes règles. Les élus qui accompagnent un salarié vers une rupture conventionnelle doivent donc vérifier ce plancher avant toute signature.

🧭 Ce que peut faire le salarié

Le premier réflexe consiste à vérifier le bulletin de salaire final et à refaire soi-même le calcul avec les deux formules de salaire de référence, pour s'assurer que l'employeur a bien retenu la plus favorable. Il faut aussi consulter la convention collective applicable : de nombreux textes prévoient des taux plus avantageux que le minimum légal, en particulier pour les cadres ou après une certaine ancienneté.

Si l'ancienneté a été mal comptabilisée, par exemple parce qu'une période d'accident du travail a été exclue à tort, le salarié peut demander un rectificatif par écrit avant de saisir le conseil de prud'hommes. La contestation porte alors sur le montant, indépendamment d'une éventuelle contestation du motif du licenciement lui-même, qui suit une procédure distincte.

👥 Ce que doivent retenir les élus du CSE

Un licenciement individuel pour motif personnel ne déclenche en général aucune consultation du CSE, sauf s'il concerne un salarié protégé. Mais les élus jouent un rôle de vigilance qui va au-delà des cas où leur avis est requis. Ils sont souvent les premiers sollicités par un collègue qui reçoit sa lettre de licenciement et ne sait pas si le montant proposé est correct.

Dans le cadre d'un licenciement collectif ou d'un plan de sauvegarde de l'emploi, le CSE est consulté et peut négocier des indemnités supra-légales plus favorables que le seul minimum réglementaire. Comprendre précisément le calcul de l'indemnité légale, la notion de salaire de référence et les périodes exclues du décompte de l'ancienneté permet aux élus de repérer une erreur ou une sous-évaluation dans les propositions de la direction, et d'orienter utilement un salarié vers un accompagnement plus poussé si le désaccord persiste.

💡 Le réflexe utile en réunion : face à une vague de départs ou un projet de réorganisation, demandez à la direction de détailler, pour chaque poste concerné, le salaire de référence retenu et les périodes de suspension exclues du calcul de l'ancienneté. Un écart mal justifié se corrige plus facilement avant la signature qu'après.

📌 Ce qu'il faut retenir

  • L'indemnité légale de licenciement suppose au moins huit mois d'ancienneté ininterrompue et exclut la faute grave ou lourde.
  • Le taux est d'un quart de mois de salaire par année jusqu'à dix ans, puis d'un tiers de mois par année au-delà.
  • Le salaire de référence retenu est le plus favorable entre la moyenne des douze derniers mois et le tiers des trois derniers mois.
  • Les arrêts maladie non professionnels n'entrent pas dans le calcul de l'ancienneté, contrairement aux congés maternité et aux arrêts liés à un accident du travail.
  • Une convention collective plus favorable prime toujours sur le minimum légal, sans jamais s'y cumuler.
  • L'indemnité de rupture conventionnelle ne peut pas être inférieure à ce montant légal.

📚 Sources

Vérifier son indemnité de licenciement demande de la rigueur, mais les règles restent accessibles une fois les bonnes questions posées. Pour aller plus loin sur la lecture des bulletins de paie et des accords collectifs, direction nos formations CSE. En cas de désaccord persistant avec la direction sur un montant ou une méthode de calcul, un accompagnement juridique permet de sécuriser la suite.

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