Articles
>
Accident du travail : le plafond des IJ baisse au 1er novembre 2026

Accident du travail : le plafond des IJ baisse au 1er novembre 2026

Publié le 23 octobre 2026
Sommaire

Le décret n° 2026-909 du 30 septembre 2026 abaisse le plafond du salaire pris en compte pour calculer les indemnités journalières en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle. Pour les accidents survenus à partir du 1er novembre 2026, les IJ sont plafonnées à 65,17 € puis 86,90 € par jour. Conséquences pour les salariés, l'employeur et les élus du CSE.

👋 Moi c'est Walid BENKHALED, ex-avocat en droit du travail, juriste et formateur CSE. Avec CSE ACADÉMIE, nous formons et accompagnons les élus CSE partout en France.

Un salarié se blesse sur son lieu de travail à la mi-novembre. Son médecin prescrit un arrêt de plusieurs semaines. Il compte sur les indemnités journalières de la sécurité sociale, majorées en cas d'accident du travail, pour tenir financièrement. Le premier versement arrive, et le montant est nettement plus bas que ce qu'un collègue blessé en septembre avait perçu pour le même salaire.

La raison tient à un texte publié début octobre : le décret n° 2026-909 du 30 septembre 2026, paru au Journal officiel du 1er octobre 2026. Il abaisse la limite de rémunération retenue pour calculer les indemnités journalières (IJ) dues après un accident du travail ou une maladie professionnelle. Il s'applique à compter du 1er novembre 2026.

📌 Point clé : pour les accidents du travail et maladies professionnelles survenus à partir du 1er novembre 2026, le salaire pris en compte pour les IJ est plafonné à 108,62 € par jour (contre 400,82 € auparavant). Les IJ maximales tombent à 65,17 € par jour jusqu'au 28e jour d'arrêt, puis 86,90 € à partir du 29e jour. Les salariés rémunérés au-dessus du nouveau plafond perdent de l'argent, sauf maintien de salaire par l'employeur.

⚖️ Ce que change le décret du 30 septembre 2026

Le décret n° 2026-909 est intitulé « fixant la limite maximale de la rémunération annuelle servant de base au calcul des indemnités journalières dues au titre d'arrêts de travail résultant d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle et relatif à la procédure de fixation de la participation des assurés ». Il modifie l'article R. 433-2 du code de la sécurité sociale, qui fixe cette limite.

Jusqu'ici, la base de calcul pouvait atteindre 0,834 % du plafond annuel de la sécurité sociale (PASS). Elle est ramenée à 0,226 % du PASS. Selon les commentaires publiés par la presse spécialisée, cela équivaut à environ 1,8 fois le Smic.

Concrètement, sur la base du PASS 2026, le salaire journalier maximal retenu passe de 400,82 € à 108,62 €. Autrement dit, tout salarié dont la rémunération journalière de référence dépasse ce seuil, soit un ordre de grandeur d'environ 3 300 € bruts par mois, voit désormais ses IJ calculées sur le seuil et non sur son salaire réel.

📊 Les nouveaux montants maximaux

Les IJ « accident du travail » conservent leurs taux : 60 % du salaire journalier de référence pendant les 28 premiers jours d'arrêt, puis 80 % à compter du 29e jour. Ce sont les plafonds en euros qui changent.

Période d'arrêtIJ maximale avantIJ maximale à partir du 1er novembre 2026
Jusqu'au 28e jour (60 %)240,49 € par jour65,17 € par jour
À partir du 29e jour (80 %)320,66 € par jour86,90 € par jour

Prenons l'exemple d'un cadre rémunéré 4 500 € bruts par mois et victime d'un accident le 10 novembre. Avec l'ancien plafond, il aurait perçu environ 88,76 € par jour pendant les premières semaines. Il percevra 65,17 €, soit un écart d'environ 660 € sur quatre semaines d'arrêt.

🚦 Quels arrêts sont concernés ?

Le nouveau plafond ne s'applique pas à tout le monde en même temps. Les accidents du travail et maladies professionnelles survenus avant le 1er novembre 2026 restent soumis à l'ancien plafond, même si l'arrêt se poursuit après cette date. C'est la date de l'accident qui compte, pas celle du versement.

Pour une maladie professionnelle, la date retenue n'est pas détaillée dans les commentaires que nous avons pu consulter. Si un salarié est dans ce cas, mieux vaut demander à la caisse primaire d'assurance maladie quelle date elle retient pour son dossier.

Ce décret ne doit pas être confondu avec deux autres réformes de la même période. La première concerne l'indemnisation de l'incapacité permanente, qui s'applique aux consolidations à partir du 1er novembre. La seconde est la limitation de la durée des arrêts de travail à 31 puis 62 jours.

💰 Qui paie la différence ?

C'est la question centrale pour les salariés. Tout dépend de l'existence d'un maintien de salaire.

Situation du salariéConséquence de la baisse des IJ
Maintien de salaire applicable (par exemple au titre de l'article L. 1226-1 du Code du travail)La baisse des IJ de la sécurité sociale augmente le complément à la charge de l'employeur, qui doit garantir le niveau de rémunération prévu
Pas de maintien de salaireLa baisse est supportée directement par le salarié, sauf dispositions conventionnelles plus favorables

Le maintien de salaire légal s'applique notamment aux salariés justifiant d'au moins un an d'ancienneté. Un salarié récemment embauché, un saisonnier ou un travailleur à domicile peut donc être directement exposé à la baisse. Un salarié embauché en juin, payé 3 800 € bruts par mois et victime d'un accident en novembre, passe d'environ 74,95 € à 65,17 € par jour, soit à peu près 270 € de moins sur quatre semaines.

Les accords de branche, les accords d'entreprise et les contrats de prévoyance peuvent prévoir mieux que la loi. Ils méritent d'être relus avant la fin du mois d'octobre.

🏢 Ce que l'entreprise doit anticiper

  • La paie : le logiciel de paie doit appliquer le nouveau plafond pour les accidents survenus à compter du 1er novembre, en conservant l'ancien pour les dossiers antérieurs.
  • Le complément employeur : pour les salariés au-dessus du plafond, il augmente mécaniquement lorsqu'un maintien de salaire s'applique.
  • La prévoyance : certains contrats complètent les IJ de la sécurité sociale. Il faut vérifier comment ils définissent la base de référence.

👥 Ce que doivent retenir les élus du CSE

  • Informer les salariés : beaucoup découvriront la baisse au premier versement. Une information avant le 1er novembre évite les mauvaises surprises et les tensions.
  • Faire l'inventaire des garanties existantes : accord collectif, usage, contrat de prévoyance, maintien de salaire conventionnel. C'est là que se joue la protection réelle des salariés.
  • Interroger l'employeur sur le coût : le complément de salaire à sa charge va augmenter. Le CSE peut demander comment l'entreprise l'a anticipé et s'il a été budgété.
  • Surveiller la prévention : un accident du travail coûte désormais plus cher à l'entreprise et au salarié. C'est un argument de plus pour examiner le document unique d'évaluation des risques et les accidents survenus dans l'établissement.
  • Rester vigilant sur la suite : d'autres mesures sur les IJ sont discutées dans les projets de loi pour 2027. Elles ne sont pas adoptées à ce jour et ne doivent pas être présentées comme du droit applicable.

💡 Le réflexe utile en réunion : demandez par écrit à l'employeur la liste des garanties de maintien de salaire applicables en cas d'accident du travail (loi, convention collective, accord d'entreprise, prévoyance) et un chiffrage du complément à sa charge pour un salarié payé au-dessus de 3 300 € bruts par mois. Faites inscrire la question et la réponse au procès-verbal.

📌 Ce qu'il faut retenir

  • Texte : décret n° 2026-909 du 30 septembre 2026, publié au Journal officiel du 1er octobre 2026.
  • Plafond : de 0,834 % à 0,226 % du PASS, soit 108,62 € par jour de salaire de référence en 2026.
  • IJ maximales : 65,17 € par jour jusqu'au 28e jour, puis 86,90 € par jour.
  • Date : accidents du travail survenus à compter du 1er novembre 2026 ; les accidents antérieurs gardent l'ancien plafond.
  • Qui paie : l'employeur si un maintien de salaire s'applique, le salarié dans le cas contraire, sauf dispositions plus favorables.

📚 Sources

  • Décret n° 2026-909 du 30 septembre 2026 — limite de la rémunération servant de base au calcul des indemnités journalières AT/MP (JORF du 1er octobre 2026)
  • Éditions Tissot — montants du plafond et des IJ, article R. 433-2 du code de la sécurité sociale
  • Weka — effets sur le complément de l'employeur (article L. 1226-1 du Code du travail)

Vos collègues élus savent-ils que leurs garanties changent au 1er novembre ? Les élus du CSE peuvent se faire accompagner grâce à notre accompagnement juridique, ou se former avec nos formations CSE.

Actualité

Autres actualités CSE

Voir plus
Travail de nuit : une heure de repos payée ne remplace pas le repos compensateur
Travail de nuit : une heure de repos payée ne remplace pas le repos compensateur

Dans un arrêt du 14 octobre 2026, la Cour de cassation juge qu'une heure de repos rémunérée prise pendant le service de nuit ne constitue pas une contrepartie salariale au sens d'un accord de branche. Le salarié peut réclamer le repos compensateur. Portée de la décision, limites et réflexes pour les élus du CSE.

Registre unique du personnel : le CSE peut-il le consulter ?
Registre unique du personnel : le CSE peut-il le consulter ?

Le registre unique du personnel est tenu à la disposition du comité social et économique par les articles L. 1221-13 et L. 1221-15 du Code du travail. Ce que contient ce registre, combien de temps il est conservé et comment les élus peuvent s'en servir pour vérifier les embauches, l'effectif et les stagiaires, sans dépasser le cadre fixé par le texte.

Accident du travail : le plafond des IJ baisse au 1er novembre 2026
Accident du travail : le plafond des IJ baisse au 1er novembre 2026

Le décret n° 2026-909 du 30 septembre 2026 abaisse le plafond du salaire pris en compte pour calculer les indemnités journalières en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle. Pour les accidents survenus à partir du 1er novembre 2026, les IJ sont plafonnées à 65,17 € puis 86,90 € par jour. Conséquences pour les salariés, l'employeur et les élus du CSE.

Nos formations

Les formations qui pourraient vous intéresser ...

Voir toutes les formations
Formation référent harcèlement sexuel & agissements sexistes
Obligatoire
⬥ Très sollicitée
1 jour
+ 190 élus formés
4 modules
Formation référent harcèlement sexuel & agissements sexistes

Le rôle de référent harcèlement sexuel et agissements sexistes est désormais obligatoire pour les CSE. Cette formation est donc essentielle pour le référent désigné, mais également pour tous les élus souhaitant être sensibilisés et disposer des outils nécessaires pour prévenir et gérer ces comportements en entreprise.

Présentiel
Visio
voir
Formation la liberté en entreprise : quel rôle pour le CSE ?
Nouveau
⬥ Très sollicitée
1 jour
12 élus max
4 modules
Formation la liberté en entreprise : quel rôle pour le CSE ?

Surveillance des salariés, liberté d'expression, restrictions vestimentaires, géolocalisation : les atteintes aux libertés revêtent des formes multiples. Cette formation permet aux élus du CSE de maîtriser le cadre juridique des libertés fondamentales et d'agir concrètement pour les protéger.

Présentiel
Visio
voir
Formation préparer les élections du CSE
2 jours
+ 170 élus formés
8 modules
Formation préparer les élections du CSE

Le renouvellement du Comité Social et Économique approche ? Anticipez et préparez vos élections avec efficacité grâce à cette formation complète et pratique. Nous vous guidons à travers toutes les étapes essentielles pour organiser des élections professionnelles dans le respect du cadre légal et garantir une forte participation.

Présentiel
Visio
voir
Formation connaître les différents types de licenciements pour mieux accompagner les salariés
⬥ Très sollicitée
1 jour
+280 élus formés
5 modules
Formation connaître les différents types de licenciements pour mieux accompagner les salariés

Comprendre les différentes procédures de licenciements pour mieux accompagner les salariés : cette formation vous apporte les connaissances essentielles sur les procédures de rupture du contrat de travail et votre le rôle en tant qu'élu CSE. Vous apprendrez à informer les salariés, à les accompagner lors des entretiens préalables et à comprendre les différents recours en cas de contestation.

Présentiel
Visio
voir
Formation économique 3 jours
Obligatoire
3 jours
+200 élus formés
12 modules
Formation économique 3 jours

Cette formation de trois jours vous permettra d’acquérir des bases solides en comptabilité et en analyse financière pour mieux comprendre la situation économique de votre entreprise. Vous apprendrez à analyser les documents comptables, maîtriser les budgets du CSE et à appréhender les mécanismes de restructuration pour renforcer votre influence dans les décisions stratégiques.

Présentiel
Visio
voir
Formation inaptitude physique & rôle du CSE
Nouveau
⬥ Très sollicitée
1 jour
12 élus max
4 modules
Formation inaptitude physique & rôle du CSE

L'inaptitude physique est une situation médicale et juridique complexe qui engage de nombreuses obligations pour l'employeur. Les élus du CSE jouent un rôle central dans cette procédure. Cette formation vous permet de maîtriser l'ensemble de la procédure et d'accompagner les salariés avec efficacité.

Présentiel
Visio
voir
Formation les leviers de négociation du budget ASC
Nouveau
2 jours
8 modules
Formation les leviers de négociation du budget ASC

Le budget ASC ne se subit pas, il se négocie. Deux journées pour reconstituer l'assiette, vérifier la règle de non-régression, bâtir un dossier chiffré et tenir la négociation face à la direction.

Présentiel
Visio
voir
Formation SSCT obligatoire 5 jours
Obligatoire
⬥ Très sollicitée
5 jours
+ 460 élus formés
20 modules
Formation SSCT obligatoire 5 jours

Elle vous permettra de développer des compétences solides et directement applicables à votre quotidien au travers de cas concrets, de mises en situation et des échanges d’expériences.

Présentiel
Visio
voir
Formation maîtriser le fonctionnement du CSE
⬥ Très sollicitée
2 jours
+ 240 élus formés
8 modules
Formation maîtriser le fonctionnement du CSE

Vous êtes élus(es) du CSE, qu’il s’agisse d’un nouveau mandat ou d’un premier mandat ? Cette formation est faite pour vous ! Adaptée à tous les membres du CSE, quel que soit la taille de l’entreprise, elle vous permet de maîtriser les bases essentielles et d’exercer pleinement vos missions.

Présentiel
Visio
voir
Formation préparer son règlement intérieur
1 jour
+ 150 élus formés
3 modules
Formation préparer son règlement intérieur

Le règlement intérieur est un outil essentiel pour structurer le fonctionnement du CSE et assurer une gestion claire et efficace de l’instance. Cette formation vous guide pas à pas dans son élaboration afin d’en faire un document conforme aux obligations légales et adapté aux spécificités de votre entreprise.

Présentiel
Visio
voir
Formation préparer et conduire les NAO pour les délégués syndicaux
Nouveau
1 jour
Délégués syndicaux
4 modules
Formation préparer et conduire les NAO pour les délégués syndicaux

Les NAO constituent un moment privilégié du dialogue social. Conçue spécifiquement pour les délégués syndicaux, cette formation vous permet de maîtriser le cadre légal, les techniques de négociation et les outils de préparation pour défendre efficacement les intérêts des salariés.

Présentiel
Visio
voir
Formation DUERP : comprendre, évaluer et prévenir les risques professionnels
1 jour
+ 170 élus formés
4 modules
Formation DUERP : comprendre, évaluer et prévenir les risques professionnels

Cette formation, axée sur la pratique et des cas concrets, donne aux élus du CSE les compétences nécessaires pour analyser les risques, proposer des actions de prévention efficaces et assurer le suivi du DUERP en collaboration avec l’employeur et les autres acteurs de la santé au travail.

Présentiel
Visio
voir