Les femmes enceintes bénéficient d’une protection particulière en droit du travail, notamment en matière de licenciement. Un employeur ne peut en aucun cas licencier une salariée enceinte pendant sa période de protection (les six semaines suivant l'accouchement), sauf dans des cas très spécifiques comme une faute grave.
La grossesse ouvre droit à une protection particulière contre le licenciement. C’est l’un des principes les mieux ancrés du droit du travail, et pourtant l’un de ceux dont les conséquences financières sont le plus souvent sous-estimées par les employeurs.
Car annuler un licenciement ne suffit pas toujours à réparer le préjudice subi. Encore faut-il replacer la salariée dans la situation salariale qui aurait dû être la sienne. C’est précisément ce que la Cour de cassation vient rappeler.
📌 Point clé : une salariée enceinte licenciée à tort peut obtenir un rappel de salaires pour toute la période durant laquelle elle aurait dû bénéficier de la protection légale. La protection ne se limite donc pas à l’interdiction de licencier : elle s’étend à la rémunération, même lorsque le licenciement est annulé.
🛡️ Une protection renforcée pour les salariées enceintes
La protection contre le licenciement des salariées enceintes est un principe fondamental du droit du travail. La Cour de cassation l’a rappelé une nouvelle fois dans une décision du 12 février 2025 (n° 23-22.310). Une salariée enceinte, licenciée à tort, peut obtenir un rappel de salaires pour la période durant laquelle elle aurait dû bénéficier de la protection légale.
Cette décision confirme que cette protection s’étend à la rémunération, même si le licenciement est annulé.
La nuance mérite d’être soulignée : l’annulation du licenciement fait disparaître l’acte, mais elle ne répare pas, à elle seule, les salaires que la salariée n’a pas perçus entre-temps.
💰 Un droit au rappel de salaires même en cas de licenciement abusif
Ce que souligne la Cour : l’employeur fautif ne peut pas se contenter de réintégrer la salariée ou de reconnaître l’abus. Il doit également indemniser la perte de salaire subie pendant la période de nullité du licenciement.
Autrement dit, la réparation attendue est intégrale. Elle couvre la période de protection dans son ensemble, et non le seul retour dans l’entreprise.
| Réaction de l’employeur | Est-ce suffisant ? |
|---|---|
| Reconnaître l’abus commis lors du licenciement | Non — la reconnaissance de la faute ne compense pas la perte de rémunération |
| Réintégrer la salariée dans l’entreprise | Non — la réintégration ne couvre pas la période de nullité du licenciement |
| Verser un rappel de salaires couvrant la période de protection | Oui — c’est ce qu’exige la Cour de cassation dans sa décision du 12 février 2025 |
Pour les élus du CSE, cela signifie que le respect de la protection maternité ne se limite pas à empêcher un licenciement : il s’agit aussi de veiller à la réparation intégrale du préjudice si un licenciement intervient malgré tout.
👥 Le rôle du CSE dans la défense des droits des salariées
Le CSE a un rôle essentiel à jouer en matière de veille juridique, de prévention des risques liés au non-respect du droit du travail, et d’accompagnement des salariés victimes d’un licenciement abusif, notamment en lien avec une grossesse.
Ces trois missions se complètent : la veille permet de repérer les évolutions comme celle du 12 février 2025, la prévention permet d’alerter la direction avant que la décision ne soit prise, et l’accompagnement intervient lorsque le licenciement a malgré tout été notifié. Un accompagnement juridique spécialisé peut utilement prendre le relais à ce stade.
💡 Le réflexe utile en réunion : lorsqu’une rupture concernant une salariée enceinte est évoquée, demandez que soient précisées les dates exactes de la période de protection, et faites-les figurer au procès-verbal. C’est sur cette période que se calcule le rappel de salaires si le licenciement est ensuite annulé.
📌 Ce qu’il faut retenir
- Une salariée enceinte licenciée abusivement peut demander un rappel de salaires couvrant toute la période de protection.
- L’employeur qui ne respecte pas la protection liée à la grossesse s’expose à des sanctions financières importantes.
- La réintégration seule ne suffit pas : la perte de salaire subie pendant la période de nullité doit être indemnisée.
- La décision du 12 février 2025 (n° 23-22.310) confirme que la protection s’étend à la rémunération.
- Le CSE peut accompagner la salariée dans ses démarches, en lien avec un accompagnement juridique spécialisé.
📚 Sources
- Cass. soc., 12 février 2025, n° 23-22.310 — rappel de salaires et protection de la salariée enceinte
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