Risques psychosociaux (RPS)

👋 Moi c'est Walid BENKHALED, ex-avocat en droit du travail, juriste et formateur CSE. Avec CSE ACADÉMIE, nous formons et accompagnons les élus CSE partout en France.

Les risques psychosociaux (RPS) désignent les risques pour la santé mentale et physique liés à l'organisation du travail, aux relations de travail et aux contraintes du poste : charge excessive, tensions, isolement, agressions, conflits de valeurs. L'expression ne figure pas dans le Code du travail, mais les obligations qui s'y rattachent y sont très précises.

🛡️ Ce que dit le Code du travail

Le Code ne parle pas de « RPS ». Il parle de santé mentale, et il l'intègre à l'obligation générale de sécurité de l'employeur.

  • Article L. 4121-1 : l'employeur prend les mesures nécessaires pour « assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs ». La santé mentale est donc au même niveau que la sécurité physique.
  • Article L. 4121-2 : parmi les neuf principes généraux de prévention, l'employeur doit « adapter le travail à l'homme » et planifier la prévention en y intégrant la technique, l'organisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales et les risques liés au harcèlement moral, au harcèlement sexuel et aux agissements sexistes.
  • Article L. 4121-3 : l'employeur évalue les risques, notamment au regard de l'organisation du travail et de la définition des postes. Le CSE et sa CSSCT, lorsqu'elle existe, apportent leur concours à cette évaluation. Le CSE est consulté sur le document unique et sur ses mises à jour.
  • Article L. 2312-9 : le CSE procède à l'analyse des risques professionnels et peut proposer des actions de prévention du harcèlement moral, du harcèlement sexuel et des agissements sexistes. Si l'employeur refuse, « le refus de l'employeur est motivé ».

🧠 Concrètement, pour les élus du CSE

Ces articles donnent aux élus des points d'appui concrets, utilisables en réunion.

  • Exiger les RPS dans le document unique. L'évaluation porte sur l'organisation du travail et la définition des postes (L. 4121-3). Un document unique qui ne liste que des risques physiques est incomplet.
  • Utiliser la consultation sur le document unique. C'est le moment où vos observations entrent au procès-verbal et obligent l'employeur à se positionner.
  • Proposer des actions. L'article L. 2312-9 vous en donne le droit, et impose à l'employeur de motiver un refus. Faites toujours délibérer le comité : une proposition votée oblige, une remarque orale non.
  • Demander des indicateurs. Absentéisme, turn-over, arrêts, alertes remontées à la médecine du travail, postes non remplacés : ce sont les signaux qui objectivent une alerte.
  • Faire remonter les situations individuelles. Un salarié en difficulté relève de l'écoute du médecin du travail, pas d'une enquête menée par les élus seuls.

🔍 Les erreurs fréquentes

Trois réflexes font perdre aux élus le bénéfice des textes.

  • Parler de « stress » plutôt que d'organisation du travail. Le Code n'impose rien sur le ressenti ; il impose d'évaluer les risques liés à l'organisation et aux postes. Formulez vos demandes dans ces termes.
  • Confondre RPS et harcèlement. Le harcèlement moral est une qualification juridique précise, avec ses propres règles. Les RPS sont un champ de prévention beaucoup plus large.
  • Rester à l'oral. Sans trace écrite, ni la proposition d'action ni le refus motivé de l'employeur ne sont opposables.

❓ Questions fréquentes

L'employeur peut-il refuser d'inscrire les RPS au document unique ?

L'article L. 4121-3 impose une évaluation qui porte notamment sur l'organisation du travail et la définition des postes. Un refus d'examiner ces facteurs fragilise l'employeur au regard de son obligation de sécurité de l'article L. 4121-1. Faites acter le refus au procès-verbal.

Faut-il une CSSCT pour travailler sur les RPS ?

Non. L'article L. 2312-9 confie l'analyse des risques professionnels au CSE lui-même. La CSSCT, lorsqu'elle existe, prépare ce travail mais ne s'y substitue pas : les décisions restent celles du comité.

Que faire si une situation devient urgente ?

Lorsque les élus constatent un risque grave et imminent pour la santé d'un salarié, le Code prévoit une procédure spécifique de signalement et d'enquête, distincte des échanges ordinaires en réunion. Déclenchez-la par écrit, sans attendre la prochaine séance.

La prévention des risques psychosociaux s'apprend : nos formations CSE couvrent le volet santé, sécurité et conditions de travail, et notre accompagnement juridique vous appuie sur une situation conflictuelle. Voir aussi nos fiches DUERP, CSSCT et Droit d'alerte du CSE.