Élections partielles

👋 Moi c'est Walid BENKHALED, ex-avocat en droit du travail, juriste et formateur CSE. Avec CSE ACADÉMIE, nous formons et accompagnons les élus CSE partout en France.

Les élections partielles sont un scrutin organisé en cours de mandat pour pourvoir des sièges devenus vacants au CSE. Elles ne se déclenchent que dans deux situations précises, et l'initiative en revient à l'employeur.

⚖️ Ce que dit le Code du travail

Un seul article fixe la règle, et il est restrictif : toutes les vacances de siège ne provoquent pas un nouveau scrutin.

  • Article L. 2314-10 : des élections partielles sont organisées à l'initiative de l'employeur si un collège électoral n'est plus représenté, ou si le nombre des membres titulaires de la délégation du personnel du CSE est réduit de moitié ou plus. Elles n'ont pas lieu si l'un de ces événements survient moins de six mois avant le terme du mandat. Le scrutin pourvoit tous les sièges vacants dans les collèges concernés, sur la base des dispositions en vigueur lors de l'élection précédente. Les candidats élus le sont pour la durée du mandat restant à courir.
  • Article L. 2314-29 : le scrutin reste un scrutin de liste à deux tours avec représentation proportionnelle à la plus forte moyenne. Le second tour, ouvert aux listes non syndicales, n'a lieu que si le nombre de votants est inférieur à la moitié des électeurs inscrits.
  • Article L. 2314-37 : avant d'en arriver aux élections partielles, un titulaire dont le siège devient vacant est remplacé par un suppléant, en priorité de la même organisation syndicale et de la même catégorie professionnelle. Le suppléant devient titulaire jusqu'au retour de celui qu'il remplace ou jusqu'au renouvellement de l'institution.

🧭 Concrètement, pour les élus du CSE

Le comptage porte sur les titulaires, pas sur l'effectif total des élus. Un CSE qui comptait dix titulaires et n'en a plus que cinq entre dans le champ de l'article L. 2314-10. À six, non.

  • Tenez à jour un tableau des sièges, collège par collège : titulaires en poste, sièges vacants, suppléants encore disponibles.
  • Actualisez-le à chaque départ de l'entreprise, démission de mandat ou changement de catégorie professionnelle d'un élu.
  • Dès que le seuil est franchi, demandez par écrit à l'employeur d'engager le scrutin et faites inscrire le point à l'ordre du jour de la réunion suivante.
  • N'attendez pas une renégociation complète : le scrutin reprend les dispositions en vigueur lors de l'élection précédente, y compris la répartition des sièges issue du protocole d'accord préélectoral.
  • Vérifiez la date de fin de mandat : à moins de six mois du terme, l'employeur n'a plus d'obligation d'organiser le scrutin.

🚦 Élections partielles ou remplacement par un suppléant

Les deux mécanismes répondent à la même difficulté — un siège vide — mais ne se déclenchent pas au même moment ni de la même manière.

Remplacement par un suppléantÉlections partielles
Article L. 2314-37Article L. 2314-10
Un titulaire est absent ou son siège devient vacantUn collège n'est plus représenté, ou les titulaires sont réduits de moitié ou plus
L'ordre de remplacement est fixé par la loi, sans scrutinL'employeur organise un vote dans les collèges concernés
Jusqu'au retour du remplacé ou au renouvellement du CSEPour la durée du mandat restant à courir

❓ Questions fréquentes

Plusieurs suppléants ont quitté l'entreprise : faut-il des élections partielles ?

Non. L'article L. 2314-10 raisonne sur le nombre de membres titulaires. Le départ de suppléants ne déclenche rien par lui-même, même s'il prive le CSE de toute réserve pour les remplacements futurs.

Notre mandat se termine dans quatre mois et l'employeur refuse le scrutin. A-t-il raison ?

Oui. Le même article écarte les élections partielles lorsque la vacance survient moins de six mois avant le terme du mandat. Le CSE fonctionne alors avec les élus restants jusqu'au renouvellement.

Le seuil est atteint et l'employeur ne fait rien. Que peut faire le CSE ?

Formulez la demande par écrit, faites-la figurer au procès-verbal, puis alertez l'inspection du travail. L'article L. 2317-1 punit d'une amende de 7 500 € l'entrave au fonctionnement régulier du CSE : voir la fiche délit d'entrave.

Un CSE amputé de la moitié de ses titulaires perd vite en capacité d'action : sécurisez la procédure avec notre accompagnement juridique et faites tracer chaque demande dans vos procès-verbaux de réunion.